L’éducation nationale sait-elle ce qu’est un élève ?

  • 2 janvier 2016

Depuis maintenant plus de trente ans et l’avènement du collège unique, l’éducation nationale s’efforce de cloner les élèves en difficulté en les mettant dans les conditions de travail des bons élèves.

La dernière pseudo-réforme de NVB vise à mélanger les bons élèves et les élèves inadaptés pour en faire une horde de clones moyens. C’est toujours le doux rêve socialo-marxiste de lutte contre les inégalités par homogénéisation des classes.

Cela ne marche évidemment pas mais depuis plus de trente ans on se refuse à réfléchir et à tirer les conclusions de ces années d’échec. Et le redoublement d’un mauvais élève dans une classe normale ne le transforme pas en bon élève, tout au contraire. Le mélange de l’huile et du vinaigre n’a jamais fait une bonne mayonnaise !

Les vraies solutions existent mais demandent non pas un parcours unique mais des parcours différenciés ce qui est bien sur contraire au gêne égalitariste des syndicats marxistes de l’éducation nationale. La différenciation des parcours doit se faire bien sûr au collège, tel que c’était le cas avant la réforme absurde qui a conduit au collège unique. Mais elle doit surtout se faire en primaire car c’est là que les apprentissages fondamentaux se font.

Nous ne sommes pas des spécialistes de l’éducation nationale mais nous sommes comme les millions de parents de bonne volonté qui ne sont tributaires d’aucune idéologie et qui constatent jour après jour le désastre auquel conduisent les gourous marxistes qui cherchent à détruire la méritocratie en la mélangeant avec l’ineptie.

Nous pensons qu’il faut revoir complètement les principes égalitaires qui visent à mélanger tous les élèves. Au contraire, il faut pouvoir distinguer dès le primaire les enfants qui ont un handicap de langue, de culture, de religion, de famille. Ces enfants doivent pouvoir bénéficier de classes spéciales avec des effectifs moindres qui vont combler leurs lacunes. Ces enfants doivent pouvoir passer un, deux, voire trois ans supplémentaires dans ces classes de support avant de revenir dans le cursus normal. Ils seront peut-être un peu plus âgés que leurs camarades de classe mais ils auront le même niveau dans les matières fondamentales, en notamment le français.

Ces classes de support doivent être privilégiées et avoir plus de moyens par élève que les classes normales. On peut imaginer des classes de 10 à 15 élèves avec un professeur principal dédié – si possible qui ne tombe pas malade tous les 6 mois – et des études surveillées en fin de journée. Chaque enfant pourra avoir un tuteur qui ne soit pas « un grand frère » mais une personne adaptée à la vie normale.

Ces enfants doivent également bénéficier de programmes spécifiques pendant les vacances qui leur permettent de sortir au maximum de leur milieu et qui leur permettent de voyager. On peut imaginer des classes de neige, des classes de mer, de classes de campagne avec des séjours de une à deux semaines pour un minimum d’un mois par an. On peut aussi concevoir des visites d’entreprises, de fermes, d’ouvrages d’art. Ces enfants auront accès à des options artistiques, musicales, sportives, culturelles. Un voyage à l’étranger pourra également être organisé une fois par an pour ouvrir l’esprit des enfants.

Bref, ces classes doivent permettre à ces enfants de milieux défavorisés de bénéficier de tout ce que leurs camarades plus privilégiés obtiennent grâce à leur environnement familial.

Le but de ces classes serait de permettre à ces élèves, au terme d’un cursus de une, deux ou trois années supplémentaires – modulé selon le besoin de chacun -, de rejoindre la 6ème avec un niveau semblable à celui des autres élèves.

Au collège, ces élèves continueront à être suivis par un tuteur, comme cela existe dans les pays anglo-saxons. Si des difficultés persistent au collège, des classes de rattrapage pourront être créées sur un principe similaire où les élèves passeront d’une classe à l’autre en deux ans.

Et puis, en cas de difficultés familiales graves, ces enfants devront pouvoir bénéficier d’un accueil privilégié en internat.

Mais tout ceci est totalement contraire aux principes actuelles de l’éducation nationale car il s’agit de réfléchir cas par cas et non pas d’établir et d’imposer une doctrine unique conduisant à un chemin impraticable pour une partie des enfants.

Et évidemment on doit faire bifurquer vers l’apprentissage ceux qui pourront y trouver leur bonheur car les métiers appris sont beaucoup plus valorisants et utiles à la société que les études universitaires ne débouchant sur rien dans lesquelles des milliers de jeunes s’engagent chaque année.

Et puis nos politiques doivent cesser de prôner que 100% d’une classe d’âge doit avoir le bac car cela ne conduit qu’à la dévalorisation totale du bac. Même la mention Très Bien devient maintenant presque banale puisque près du tiers des élèves l’obtient en série S. De même, avoir un niveau Bac + 5 ne peut pas être le seul but pour toute une génération car tous les élèves n’ont pas les mêmes capacités et la société ne peut pas fonctionner avec uniquement des Bac + 5.

Bien sûr il y a peu de chance que ce type de système voit le jour tant que les syndicats marxistes dirigeront l’éducation nationale.

Et bien sûr un tel système coûtera cher. Mais n’est-ce pas un sujet bien plus important pour notre pays que la transition énergétique et la lutte contre le réchauffement ? On pourrait utiliser les quelque 200 milliards d’euros que la transition énergétique va coûter au pays sur les 10 prochaines années pour financer ce programme de soutien massif aux enfants en difficulté.

Mais ne rêvons pas, il est beaucoup plus facile pour Hollande et Fafa de prétendre sauver la planète en 2100 que de réformer l’éducation nationale aujourd’hui.

 

Club Danton

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  1. QUAND ALLONS-NOUS METTRE A LA PORTE NVB ? et ces acrobates au sommet de ce ministère qui détruisent notre système éducatif,!…
    et nos académiciens : comment réagissent-ils devant la destruction de l’orthographe ?
    La France perd son âme…

  2. L’argent nécessaire est là sauf que nous avons une véritable armée mexicaine et que tout le bon jus est aspiré avant qu’il n’arrive en bout de parcours. Un exemple : la prime des recteurs vient de passer de 22 000€ à 25 000 € en une seule année

  3. Parfait. mais qui ose s’attaquer au mamouth de l’education nationale? Meme Allegre s’y est cassé les dents. Et c’est vrai que la réforme de NVB est du gallimatia de petite fille gatée.

  4. Le système est à bout de souffle. Donc, pour qu’il puisse malgré tout perdurer un peu plus, il convient d’abêtir un peu plus les foules. NVB a bien repris le flambeau de ses prédécesseurs.

  5. En son temps (lors de la réforme de l’orthographe visant « à permettre au plus grand nombre d’apprendre facilement le français et l’écriture »…) Maurice Druon, dans le discours de rentrée de l’Académie Française, avait déclaré qu’il s’agissait, avec cette réforme, de faire de tous les enfants bien également des cancres.

    Aujourd’hui, force est de constater qu’élèves ET professeurs ont des difficultés et ce n’est pas la suppression du latin et du grec qui va arranger les choses.

    Notre ministre est comme les autres (enfin, tout de même moins pire que l’analphabète qui préside à la culture), elle ne songe qu’à laisser son nom à une réforme, laisser une trace de son passage, en se moquant totalement de ce qui peut arriver ensuite. C’est ainsi que certaines réformes pas forcément mauvaises à la base ont été sabordées ou sont en train de l’être.

    AVS (après avoir été journaliste, mais la santé de l’un de mes fils m’a obligée à prendre du temps pour lui) je m’occupe d’un jeune handicapé depuis près de quatre ans : me croirez vous si je vous dis que dans son esprit il n »était là que pour faire genre ? Repris en mains, par moi, il a passé son brevet obtenu avec mention, passé sa seconde sans souci et entamé sa première avec sérénité. Il pense aujourd’hui à un avenir avec un vrai métier (interprète) et est ravi d’être avec les autres, ces autres qu’il a autrefois empêché de travailler sereinement quand il pensait qu’il n’avait rien à faire que le pitre dans une classe où il avait besoin de se faire remarquer pour exister.

    Une réforme peut être intelligente si il y a derrière des gens pour en faire quelque chose de possible sinon…. mais réformer, comme le fait NVB, juste pour réformer n’a aucun sens commun !

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