« La Vérité, l'âpre Vérité »

Réindustrialiser la France est un leurre

  • 10 juin 2020

En cinquante ans, la part de l’industrie dans l’économie française a été divisée par deux et a atteint le niveau médiocre de 12%, soit près de deux fois moins qu’en Allemagne. Cette dégringolade est malheureusement inexorable et si Macron n’est plus en mesure d’appliquer les principes de son livre Révolution, elle va se poursuivre.

Les maux qui affectent l’industrie sont connus depuis longtemps et rabâchés à longueur de rapports qui se succèdent sans produire aucun effet : énormité des impôts de production, une exception française, charges sociales parmi les plus élevées au monde, une surrèglementation qui ne faiblit pas et enfin des syndicats révolutionnaires qui cherchent à détruire les entreprises pour détruire le capitalisme. Cela fait beaucoup d’obstacles à vaincre pour réussir à réindustrialiser le pays !

Avec tous ces handicaps, la marge opérationnelle des entreprises françaises est inférieure de 5 points à celle des entreprises allemandes et de plus de 10 points à leurs homologues américaines. Pour s’en sortir les entreprises françaises doivent réduire leurs investissements et sacrifier l’avenir car elles sont piégées par le trio constitué des actionnaires, des charges et impôts et des syndicats.

Il reste pourtant des sociétés industrielles en France. Oui mais ce sont pour la plupart des groupes qui réalisent leurs bénéfices hors de France, là où la pression fiscale et sociale est moins forte. Dans ces groupes, l’activité française est subventionnée par les activités étrangères. Tous les secteurs sont plus ou moins dans cette situation : automobile, aéronautique, énergie, chimie, informatique, métallurgie, industrie minérale, transports, cosmétique, agroalimentaire, …

Le risque d’un tel schéma est évidemment qu’à un certain moment les sociétés de tête des groupes français quittent la France pour échapper aux contraintes du pays. C’est du reste ce qu’ont fait Lafarge, Technip ou Rodia, dans les trois cas à travers une fusion avec un groupe étranger dont la conséquence a été la délocalisation du siège hors de France. Rodia, dernier avatar de ce qui fut jadis l’empire de la chimie française, Rhône-Poulenc, est maintenant sous pavillon belge. Technip est américain et Lafarge a son siège en suisse. On peut se demander par exemple pendant combien de temps encore Total va-t-il rester en France.

Les patrons français se font taper dessus en permanence par des syndicats révolutionnaires qui ne cherchent qu’à les faire tomber et ils ont bien du courage de rester en France quand leur groupe réalise tous ses bénéfices hors de France. Avec le virage social et environnemental que semble vouloir prendre Macron, la réindustrialisation du pays n’est pas pour demain. Ce sera déjà bien si l’industrie française reste ce qu’elle est…

CLUB DANTON

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1 commentaire actuellement

  1. En France les grands trusts vivent sous perfusion parfaitement organisé, tous les ans pour le public et tous les 5 ans pour le privé à grands coups de Millions voire de Milliards seule raison de leur présence encore en France. Ce sont les PME et les TPE qui payent et qui font tourner la machine Mais cela n’a qu’un temps. Compte tenu des dépenses sans compter de la gouvernance actuelle ce temps va certainement se terminer dans la souffrance.

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