« La Vérité, l'âpre Vérité »

Encore une loi stupide contre les entreprises

  • 15 mars 2019

Le récent décret sur l’égalité homme-femme (décret 2019-15 du 8 janvier 2015 transcrit d’une directive européenne) ne tient absolument pas compte de la réalité des entreprises.

Ce décret oblige les entreprises à comparer les salaires entre hommes et femmes pour un niveau ou un coefficient donné. Le but est bien évidemment que la différence soit la plus faible possible. Mais cette approche est biaisée et dangereuse car elle ne permet de prendre en compte ni la quantité, ni la qualité du travail fourni et elle va faire disparaître à terme la rémunération au mérite.

Avant la loi sur les 35 heures et ses différents avatars, le différentiel de salaire entre personnes du même coefficient (homme ou femme) pouvait se justifier par des différences de temps de travail. Depuis cette loi les cadres sont passés en forfait jour et le salaire est le même qu’un cadre travaille 7 ou 12 heures par jour. Cette disposition a d’ores et déjà conduit à démotiver une bonne partie des cadres. Les jours de compensation (dits de RTT) sont eux-aussi donnés de manière homogène et cela ne favorise pas non plus la motivation. Or il reste bien évidemment des cadres et des employés plus consciencieux que d’autres et qui travaillent plus longtemps que d’autres. La seule manière de les récompenser est d’utiliser une forme ou une autre de rémunération au mérite. Mais cela créé nécessairement un différentiel de rémunération par rapport à leurs collègues du même niveau, homme ou femme.

Au-delà de la durée effective du travail fourni, la qualité du travail est un facteur majeur de différentiation entre les personnes d’un même niveau. A vrai dire, les différences entre les individus les moins performants et les plus performants peuvent être considérables. Or comment récompenser les personnes les plus performantes si ce n’est en les rémunérant au-dessus de la moyenne ?

Par ailleurs certaines entreprises ont une partie de leur personnel qui est obligé de voyager hors de France ce qui convient très bien à certains mais pas à d’autres. Or comment récompenser quelqu’un qui accepte de voyager – souvent au détriment de son confort familial – si tout doit être nivelé par coefficient ?

Cette disposition, qui vise à harmoniser le salaire des femmes et des hommes au sein d’une même catégorie, conduit nécessairement à un nivellement par le bas. Sauf à considérer que ce sont systématiquement les femmes qui font le plus d’heures, qui sont les plus performantes et qui voyagent le plus, ce décret va empêcher les entreprises de récompenser leurs cadres et leurs employés les plus performants.

Le problème, que le gouvernement n’a probablement pas perçu, résulte d’un biais statistique lié à la différence de population entre hommes et femmes au sein d’une même catégorie. Ceci est tout particulièrement vrai pour les entreprises industrielles où les femmes sont sous-représentées. Ce qui est statistiquement vrai sur une près grande population homogène ne l’est plus du tout quand on prend des échantillons plus réduits et non homogènes.

Fondamentalement, cette vision égalitariste entre hommes et femmes est contraire à la récompense individuelle et à la rémunération au mérite. C’est une discrimination positive qui ne dit pas son nom et qui oblige à récompenser les femmes indépendamment de leurs performances. Ce genre de discrimination avait été introduit aux USA pour la communauté noire et a été supprimée il y a quelque temps déjà à cause de ses effets fortement négatifs.

On se demande également comment Macron va s’y prendre pour introduire le concept de rémunération au mérite dans la fonction publique.

Ce décret part d’une bonne intention mais il va créer des dégâts considérables car il fonctionnarise un peu plus les entreprises. Or, comme toute collectivité humaine, les entreprises se développent grâce à une petite minorité d’individus (probablement moins de 10%) qui tirent les autres. Vouloir niveler les salaires démotivent ceux qui tirent et récompensent indument ceux qui se font tirer. Ce décret prolonge et amplifie l’effet dévastateur sur la motivation de la sinistre loi sur les 35 heures.

On se demande comment Macron, qui a introduit le concept des premiers de cordée, pense sortir la France de sa médiocrité avec un tel décret.

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1 commentaire actuellement

  1. “elle va faire disparaître à terme la rémunération au mérite” OU “elle va faire disparaître à terme encore de nombreuses entreprises” ?
    La politique est devenue quelque chose de répugnant. Si ce n’est pas l’Europe c’est l’Etat ou pire encore la multitude de collectivités locales.

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